Ces mesures permettent de caractériser des espèces aux formes très différentes comme :
- Pomatia elegans (Hn = 1,4),
- Helix lucorum (Hn = 0,95),
- Zonites algirus (Hn = 0,55).
Mais elles sont peu discriminantes entre des formes globulaires comme :
- H. lucorum (Hn = 0,95)
- H. aspersa (Hn = 0,97).
D'autres descripteurs comme la couleur ou l'épaisseur de la coquille peuvent être utilisés.
Diversité des colorations de H. lucorum
Les coquilles de l'escargot turc sont typiquement bariolées de brun (Fig3-a). Tous les exemplaires examinés présentent une bande blanche caractéristique.

▲ Fig3-a: Diversité de coloration chez H. lucorum (flèche = Bande blanche).
Les taches brunes dessinent des motifs, lignes ou raies, variables d'un individu à l'autre (Fig3-b).

▲ Fig3-b: Diversité de coloration chez H. lucorum (L = Lignes, R = Raies, Flèche = Bande blanche).
Nous interprétons cette variation comme une diversité allélique des gènes contrôlant la coloration des coquilles.
Une forme blanche de H. lucorum ou bien une autre espèce?
Dans 2 stations distantes de 20 Km nous avons trouvé 2 escargots de la forme typique (station 1) et un escargot blanc (station 2) (Fig4).

▲ Fig4: Deux formes typiques (R, L) et une forme blanche (B).
Les 2 formes brunes (R et L) ont une hauteur normalisée (Hn = H /D) de 1,00. Pour la forme blanche (B) la hauteur normalisée vaut 0,94. Ces valeurs ne sont pas significativement différentes de celles observées sur un échantillon plus grand de formes typiques de H. lucorum (Tab2). Cette observation ne permet donc pas d'exclure la forme blanche (B) de l'espèce H. lucorum.
Le péristome de B est blanc alors que dans la forme typique il est noir passant à violet (Fig5).

▲ Fig5: Aspect du péristome de chacune des formes.
La couleur du pied est différente; orange pour B et gris jaune pour la forme typique (Fig6).

▲ Fig6: Aspect du pied de chacune des formes.
La différence de couleur des parties molles et du péristome pourrait s'expliquer par la rétention du pigment dans le pied et le manteau. Son absence de transfert vers le périostracum conduisant alors à une coquille blanche.
Bilan:
Les mesures ne permettent pas d'exclure l'appartenance de la forme blanche à l'espèce H. lucorum. L'observation des appareils reproducteurs après dissection aurait pu permettre d'apporter un argument mais nous avons relaché les animaux intacts.
Si ces organismes (blanc ou bruns) sont bien de la même espèce, la coloration de la coquille, du péristome et du pied de l'animal pourrait être dues à des allèles différents des mêmes gènes impliqués dans la coloration des diverses parties.
Remarques:
▲ (*) En Provence les escargots terrestres sont le plus souvent à enroulement dextre à l'exception des Clausilies qui sont à enroulement senestre. Les physes, aquatiques sont également à enroulement senestre.
Cette observation permet d'illustrer la notion de chiralité.

Fig7 : Enroulement chez Pomatias elegans
La forme senestre n'a jamais été observée par l'auteur. L'image a été obtenue par effet miroir informatique.